Gestion du stress et naturopathie 1/2

Dangereux à haute dose, le stress est avant tout un ami qui a contribué au développement de la race humaine.

Dans la 1ère partie que je vous livre , j’apporterai une définition du stress et quelques chiffres statistiques pour déterminer de quoi il est question ici et pour avoir un aperçu de l’impact actuel du stress sur la population. Évoquer la physiologie du stress paraissait indispensable pour comprendre son fonctionnement et ainsi les effets qu’il provoque sur tout un chacun, en sachant que nous ne sommes pas tous égaux devant lui.

Dans la 2nde partie, je parlerai d’un grand nombre d’alternatives pour apprivoiser le stress de façon à mieux le gérer et le diminuer. Il sera beaucoup question de naturopathie, bien évidemment, avec pléthores de techniques utilisées en commençant par l’alimentation et la nutrithérapie pour finir avec le yoga en passant par l’aromathérapie, les fleurs de Bach, la gemmothérapie, la phytothérapie et surtout la gestion du mental et des émotions.

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est une des grandes fonctions de l’organisme au même titre que la respiration, la digestion ou l’immunité. Sans lui, l’espèce humaine aurait disparu depuis longtemps.

Le stress aigu devant un événement brutal est une réaction primaire, innée, un signal d’alarme tout comme la douleur. Il s’agit d’une réponse complexe de notre corps et de notre psychisme à une situation imprévue ou vécue comme une agression ou un changement. Des hormones sont sécrétées pour lutter contre l’agent responsable du stress ou fuir.

Le stress psychologique chronique et permanent, lui, est l’ennemi de l’homme moderne. Il survient face à des épreuves : chômage, divorce, décès, travail contraint … etc… et se transforme peu à peu en véritable problème de santé publique.

D’ailleurs, le constat est flagrant… et horrifiant !

Voici les quelques chiffres tirés d’un sondage Opinion Way de décembre 2017 réalisé sur un échantillon de 1017 personnes, représentatif de la population française. Ces chiffres qui en ressortent sont plutôt inquiétants : 9 Français sur 10 éprouvent du stress, et 1 Français sur 2 se sent particulièrement stressés. Par ailleurs, ce sont les femmes qui sont les plus touchées par le stress, puisque 60% d’entre elles se déclarent stressées, contre 38% pour les hommes.

Stress des femmes – 60 % des femmes se déclarent stressées

Les raisons de ce stress diffèrent selon le profil, d’ailleurs, après la vie professionnelle, les problèmes financiers et la vie personnelle, s’ajoutent les problèmes de santé (31%), les problèmes d’insécurité (26%), la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle (21%), et les transports (12%).
Et, pour ce qui est des conséquences du stress, les français pensent que cela a un fort impact sur leur santé et leur comportement. Après le sommeil, le comportement et la vie de famille/couple, s’ensuivent les problèmes cardiaques (18%), les problèmes d’alimentation (17%), les difficultés à se concentrer (16%), les répercussions sur la vie professionnelle (15%), les maux de tête (13%), ou encore les problèmes d’addiction (9%).

Les réactions au stress

Nous ne sommes pas égaux devant le stress aussi bien concernant son impact et sa perception que sa genèse. Certains parlent de génétique, de personnalité mais aussi d’éducation et d’expérience personnelle.

La perception du stress varie en fonction des individus, de leur culture, de leur vécu, de leur tempérament, des circonstances de la vie et le stress de l’un ne sera pas celui de l’autre.

Hans Selye a défini les trois phases successives devant le stress : alerte (stress aigu), endurance ou résistance (stress chronique), épuisement.

Les 3 étapes du Stress

Le mécanisme physiologique du stress

Accrochez-vous… avec un peu de concentration ce n’est pas si compliqué 😉

Physiologie du stress

Réactions du corps au stress

  • Augmentation du rythme cardiaque
  • La respiration devient plus fréquente et plus profonde
  • Les muscles sont mieux irrigués par le sang. Le tonus musculaire est renforcé
  • La glycémie augmente tandis que le temps de coagulation du sang diminue
  • Cœur, poumons, reins, système immunitaire et vaisseaux sanguins sont mis sous tension
  • Inhibition des voies anaboliques (construction et renouvellement du tissu cellulaire) avec le ralentissement de la digestion et de la croissance ainsi que la reproduction

Description de la physiologie du stress

L’hypothalamus, à la base du cerveau, est le point de départ du système endocrinien. Il sécrète trois hormones : la corticolibérine (CRH), la somatocrinine (GHRH) et la thyréolibérine (TRH), agissant toutes sur l’hypophyse.

L’hypophyse est située dessous et reliée par la tige pituitaire. A son tour, l’hypophyse sécrète 3 hormones en fonction de l’hormone reçue par l’hypothalamus.

Hypothalamus – Hypophyse – Foie

L’hypothalamus envoie de la somatocrinine (GHRH) à l’hypophyse. Cela stimule la sécrétion de l’hormone de croissance (hGH) qui agit sur le foie, favorisant le catabolisme des triglycérides soit une production d’ATP (Adénosine Triphosphate), molécule qui fournit l’énergie nécessaire à de nombreuses réactions de l’organisme et la glycogénolyse (processus par lequel le glycogène présent dans le foie est transformé en glucose à destination du sang) qui elle aussi produit de l’énergie.

Hypothalamus – Hypophyse – Glande thyroïde

L’hypothalamus envoie aussi une information sous forme de thyréolibérine (TRH) à l’hypophyse qui sécrète de la thyréostimuline (TSH). La TSH stimule la glande thyroïde qui émet de la thyroxine (T3-T4) et, par la glycolyse, c’est une augmentation de la production d’ATP (Adénosine Triphosphate) qui est déclenchée ce qui permet de fournir de l’énergie aux cellules.

Hypothalamus – Hypophyse – Médullosurrénales

Et enfin, l’hypothalamus sécrète de la corticolibérine (CRH) qui stimule la sécrétion de la corticotrophine (ACTH), stimulant les glucocorticoïdes du cortex surrénal. Ces glucocorticoïdes : la cortisone, la corticostérone et le cortisol représentant 95% de l’activité des glucocorticoïdes.

Ils ont trois grands rôles au niveau métabolique, permissif, anti-inflammatoire et immunosuppresseur.

Les effets métaboliques participent à la néoglucogenèse (formation de glucose à partir d’éléments non glucidiques par le foie), inhibent l’entrée et l’utilisation du glucose dans de nombreux tissus, mais pas dans le cerveau

Les effets permissifs permettent à notre organisme de résister au stress en augmentant le taux de glucose sanguin, et en rendant les vaisseaux sanguins plus sensibles aux autres médiateurs (les catécholamines soit la noradrénaline et l’adrénaline via la glande médullo-surrénale) qui augmentent le débit cardiaque et font monter la pression artérielle ce qui permet une redistribution du sang vers les muscles et le cerveau (donc leur apporte de l’énergie).

Les effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs font que les glucocorticoïdes diminuent les manifestations de l’inflammation.

Les glucocorticoïdes sont les hormones les plus importantes dans cette phase, ils ont une action différente de l’adrénaline et de la noradrénaline : ils contribuent à la production d’énergie nécessaire pour l’organisme

Système neurovégétatif : sympathique et parasympathique

D’un point de vue plus général, il est aussi possible de dire que l’hypothalamus, qui contrôle le système endocrinien, est aussi le point de départ du système neurovégétatif, le système qui contrôle tous nos organes végétatifs avec deux branches : le sympathique (ou l’orthosympathique) et le parasympathique.

Le sympathique est le système qui met en alerte l’organisme et le prépare à l’action ainsi qu’à l’activité physique et intellectuelle, c’est lui qui est fortement sollicité dans les mécanismes du stress.

Le parasympathique, lui, est le système antagoniste au sympathique. Il ralentit les fonctions de l’organisme, c’est donc lui qu’il est nécessaire de solliciter pour contrecarrer les effets du stress. Nous en reparlerons dans la 2nde partie.

Constat du fonctionnement du stress

Ce que l’on peut dire à l’issu de cette description c’est que toutes les réactions chimiques dans notre corps provoquées par le stress sont destinées à lui donner de l’énergie, à privilégier les fonctions principales (Cœur, poumons, reins, système immunitaire et vaisseaux sanguins sont mis sous tension pour être prêts à réagir) et inhiber les secondaires (ralentissement de la digestion et de la croissance ainsi que la reproduction).

Le corps stressé met à disposition l’énergie nécessaire pour combattre, fuir ou réagir à un événement imprévu dans sa version originelle. C’est aussi pour cela que l’on entend des histoires incroyables telle que celle d’une femme qui suite a un accident a réussi à soulever une voiture pour dégager son enfant.

Seulement, quand le stress est répété… ce n’est plus la même histoire

Les effets du stress sur l’organisme

La sur-stimulation

Si la stimulation se poursuit, on sait aujourd’hui qu’il existe une perturbation du fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien dans le cas d’un stress chronique. On observe dans ces situations une hypercortisolémie (hausse importante du cortisol dans le sang) et une modification du rythme nycthéméral du cortisol (cycle biologique influencé par l’intensité de la lumière naturelle et la production de mélatonine pour gérer les rythmes éveil-sommeil) ainsi qu’une hypercortisolurie (présence de cortisol dans les urines) et une hyperplasie (développement d’une quantité de cellules constituantes d’un tissu ou d’un organe trop important) des surrénales et de l’hypophyse (organe impliqué dans la réponse au stress).

Il y a une baisse du taux de calcium et de magnésium, ce qui entraîne une hyper excitabilité neuromusculaire.

L’effet prolongé du stress fait aussi baisser la sécrétion de 3 neurotransmetteurs : sérotonine, noradrénaline, dopamine (le chocolat, l’alcool et le tabac stimulent leur sécrétion). Cette baisse induit une disparition du plaisir, une démotivation et une dépression. Sous l’effet d’un stress mal ou non géré, le dérèglement de l’hypothalamus peut entraîner un dysfonctionnement du système endocrinien et du système neurovégétatif.

Tous ces dérèglements amènent d’ailleurs, leur cortège de désagréments.

Pathologies liées au stress

Notre organisme en sur-régime va éventuellement développer des pathologies lourdes :

  • Sur le cerveau : face à un danger immédiat, le système nerveux sympathique prend les commandes : l’hypothalamus ordonne aux glandes surrénales de libérer de l’adrénaline dans le sang pour nous préparer à l’action. Mais vient ensuite l’épuisement des glandes surrénales avec la dépression et la fatigue chronique.
  • Sur le cœur : le stress aboutit à une accélération du pouls et du cœur afin d’irriguer les muscles pour la fuite ou la lutte. Si les stress sont répétés, il y a des palpitations avec des risques cardiovasculaires tels qu’infarctus du myocarde.
  • Sur les poumons : le stress induit essoufflement et oppression.
  • Sur le sang : le stress diminue le temps de coagulation, ce qui se traduit par une augmentation du taux de sucre et un afflux du sang vers le cerveau (sensation de froid aux mains et aux pieds)
  • Sur la sexualité : un stress chronique entraîne une baisse de libido, une absence de règles et crée un risque de mettre au monde des prématurés.
  • Sur les reins : le stress provoque une envie d’uriner
  • Sur la peau : le stress entraîne des frissons, une augmentation de la sudation, du psoriasis, de l’acné ou de l’eczéma.
  • Sur le tube digestif : le stress bloque la digestion, provoque des nausées, des inflammations du tube digestif (côlon irritable, colites)
  • Sur le système immunitaire : le stress induit une baisse des défenses immunitaires. Aussi, certaines observations cliniques suggèrent que le stress pourrait être un facteur déclenchant de maladies de la substance blanche (sclérose en plaques : c’est une maladie autoimmune, leuco-dystrophies, …). Un autre argument est avancé par la thérapeutique, il a été montré que l’état clinique de certains malades atteints de ces maladies de la substance blanche est nettement amélioré par la prise de psychotropes, notamment des antidépresseurs et des anxiolytiques : ce qui nous dirige effectivement vers le stress comme facteur de ces maladies (dont les maladies auto-immunes). Tous les effets du stress sur le système immunitaire n’ont pas encore été mis à jour à l’heure à laquelle nous sommes. Toutefois maintenant, nous connaissons la relation entre stress et immunité.

Bilan

Nous avons vu que la physiologie du stress est une magnifique mécanique néanmoins, comme le moteur d’une voiture, s’il est en surrégime, il s’abîme et si ça dure trop longtemps, il casse. Pour notre corps, c’est un stress chronique qui s’installe pour se diriger vers l’épuisement et c’est ce que provoque notre société actuelle.

Épuisement

Si nous avons vu ici les dérives et les effets néfastes que le stress a sur les individus il est primordial de savoir que, ce n’est pas irrémédiable et il existe énormément d’alternatives pour apprivoiser le stress, le gérer et le réduire. C’est ce que je développerai dans la 2ème partie de cet article. J’aborderai un maximum d’alternatives essentiellement orientées naturopathie (mais pas que) ce qui vous aidera à aller mieux naturellement.

Aller mieux naturellement

Prenez soin de vous, il n’y a que vous qui pouvez le faire (cela ne dispense pas de se faire aider 😉 ) et surtout, ne prenez que ce qui est bon pour vous.

Bibliographie :

  • Le grand livre de la naturopathie – Christian Brun (Eyrolles)
  • La santé au naturelle – Dr Christine Cieur (Terre vivante)
  • Stress, système immunitaire et maladies infectieuses – PIERRE ETIENNE GAUTIER (https://www.psychaanalyse.com/)
  • Le stress touche au moins 9 Français sur 10, et particulièrement les femmes (https://www.ladepeche.fr/)
Recherches utilisées pour trouver cet article :https://mieuxetreaunaturel fr/gestion-du-stress-et-naturopathie-1-2/,https://mieuxetreaunaturel fr/gestion-du-stress-et-naturopathie-1-2/?share=email
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2 thoughts on “Gestion du stress et naturopathie 1/2”

  1. Laurent dit :

    Merci Caroline pour cet article super complet 🙂
    J’ai hâte de lire le deuxième, je pense qu’il va être utile (et peut-être pas qu’à moi) !

    1. Caroline S dit :

      De rien Laurent, c’est avec grand plaisir 🙂
      La suite devrait être encore plus utile effectivement car ça fait vraiment référence au côté pratico-pratique. La mise en application d’une multitude de techniques qu’il est nécessaire de tester pour savoir laquelle nous correspond le mieux 😉 Ça fait un peu travailler la patience aussi… même si je sais que dans un contexte de stress, ce n’est pas ce qu’on a le plus !

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